22.11.2007
Les Tabous de la mort
Le 28 novembre prochain sera diffusé Les Tabous de la mort.
Voici une critique de l'émission parue dans Télé Obs :
Le grand silence
Un sujet grave, traité avec élégance et sobriété.
Chacun, un jour ou l'autre, est confronté à la mort, que ce soit la sienne ou celle d'un proche. Il n'empêche que celle-ci, quand elle vous touche, est toujours inacceptable. Les grandes épidémies ont disparu, les progrès de la médecine repoussent sans cesse les limites de la vie... La mort s'est transformée en un aléa intolérable de la vie. Comment parler de la mort d'un enfant ? Comment supporter le suicide d'un adolescent ? Comment vivre la culpabilité quand on a causé accidentellement la mort ? Comment parler d'un défunt ? Comment adoucir les derniers moments de ceux qu'on aime ? Que dire à celui qui va mourir ?
Le sujet est souvent tabou.
Pas facile de parler de la mort, surtout sur un plateau télé. Karine Le Marchand y réussit malgré tout, en évitant de tomber dans le pathos, le voyeurisme ou la vulgarité. "C'était un thème difficle à traiter car nous ne voulions ni encourager la douleur ni être hypocrites". Les témoignages des invités sont bouleversants mais distanciés. A travers leurs mots, parfois maladroits, pour décrire des situations de très grande détresse, Maryse Vaillant, psychologue, tente de donner les clés pour "surmonter l'insurmontable" ou "pardonner l'impardonnable".
Le service des soins palliatifs de l'hôpital Paul Brousse doit, lui, gérer quotidiennement l'imminence de la mort, être capable d'en parler aux familles et au malade. En réduisant au maximum la douleur, le personnel de cette unité permet aux mourants et à leurs proches de profiter des derniers instants ensemble.
Le tabou du corps mort est également évoqué, à travers le quotidien de deux professionnels : le médecin légiste et le croque-mort. Le premier fait face à l'hostilité des familles car il touche à l'intégrité du cadavre, le second a la mauvaise réputation de faire commerce de la mort. Des métiers craints ou détestés, mais nécessaires. Peut-on avoir une vocation pour ces secteurs ? Comment supporter la proximité des cadavres ? Comment gérer la sensibilité des proches du défunt ?
Côté rites mortuaires, François Michaud-Nérard, directeur général des services funéraires de la ville de Paris, nous éclaire sur les nouvelles tendances en la matière, de la crémation à la convention obsèques.
Avec un tel thème, on ne sort évidemment pas indemne de la soirée. Heureusement, un détour par le Mexique dédramatise le sujet. Alors que nous allons déposer des chrysanthèmes dans les ciletières, les Mexicains célèbrent en grande pompe la fête des morts. Tequila, fleurs ou tabac sont offerts aux défunts. Les familles se rassemblent, les enfants se déguisent et les adultes boivent à la santé des disparus. Au Mexique, on ne craint pas la mort, on se jiue d'elle. Là-bas, pas de tabou, la Grande Faucheuse est un personnage quasi humain, traité avec familiarité et dérision.
Céline Chassé
18:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Tabous, Tabous de la mort, France 2, Karine Le Marchand


